Qu’est-ce que l’ancrage territorial ?
L’ancrage territorial désigne la capacité d’une organisation à s’inscrire durablement dans son territoire et à contribuer positivement à son développement économique, social et environnemental. Il correspond à l’ensemble des actions par lesquelles une entreprise crée de la valeur sur son territoire, en développant des relations durables avec les acteurs locaux (collectivités, entreprises, associations, habitants) et en soutenant le développement économique, social, culturel et environnemental de la zone où elle opère.
L’ancrage local s’incarne dans quatre grandes dimensions, à savoir :
- Economique en favorisant les fournisseurs locaux et en contribuant à la fiscalité territoriale,
- Sociale en recrutant des collaborateurs habitant à proximité de ses sites,
- Environnementale en participant à des projets territoriaux en lien avec l’économie circulaire ou la biodiversité par exemple,
- Sociétale en dialoguant avec les parties prenantes locales : il ne suffit pas de produire avec le local, il faut aussi être acteur au quotidien dans son territoire et participer aux événements publics, aller à la rencontre des riverains, tisser des liens avec les acteurs associatifs et éducatifs, ou encore dialoguer avec les collectivités.
Ceci étant posé, il faut commencer par identifier ses parties prenantes.
Identifier ses parties prenantes : le point de départ
Une partie prenante est une personne ou une organisation affectée par les activités de l’entreprise ou qui peut influencer — positivement ou négativement — son activité.
On distingue différentes catégories de parties prenantes :
- Les équipes en interne : salariés, syndicats, CSE, médecine du travail
- Les financeurs : actionnaires, banquiers, assureurs
- Les fournisseurs et sous-traitants
- L’administration, comme la DREAL, la DREETS ou la DRIEETS
- Les riverains
- Les associations locales : environnementales, sportives, culturelles, etc.
- Les élus et les services des collectivités locales
- Les clients
- Les organismes publics, comme l’ADEME
- Le monde éducatif : écoles et centres de formation
- Les organisations professionnelles et les industriels locaux : citons la FIB, la CCI, le MEDEF…
- Les médias locaux
Cartographier et passer à l’action
Une fois les parties prenantes identifiées, l'étape suivante consiste à les cartographier : les hiérarchiser selon leur niveau d'importance et construire un plan d'action pour le site.
Concrètement, ces informations peuvent être regroupées dans un fichier présentant :
- La liste des parties prenantes avec leurs contacts (pouvoir les joindre directement, c'est essentiel),
- La date du dernier échange ou rendez-vous avec les points clés évoqués,
- Les attentes et les inquiétudes de chaque partie prenante,
- Les événements du site qui pourraient les impacter : enquête publique, nouvel investissement, inauguration, journées sécurité…
- Les prochains rendez-vous à prévoir en fonction de l’actualité du site.
Il s’agira ensuite de bâtir un plan d’action qui se traduit par :
- Un rythme régulier de rencontres avec les élus locaux, et notamment le maire
- L’organisation de visites de site, comme lors de la semaine de l’industrie ou des journées du patrimoine,
- Le soutien aux associations et événements locaux : mécénat, sponsoring de manifestations sportives, soutien aux projets de la commune…
- L’intervention d’associations dans l’entreprise, comme les CPIE pour sensibiliser les salariés à la biodiversité,
- La participation à des événements locaux : rencontres de la FIB, du CERIB, du Coq Vert…
Toutes ces actions permettent de tisser des liens, d’échanger et d’identifier les signaux faibles pour éviter les crises.
Anticiper les crises grâce à un bon ancrage local
Pour une entreprise industrielle, comme celles de la préfabrication béton, l'acceptabilité des activités n'est pas acquise. Nuisances sonores, camions, poussières, impact paysager sont autant de sujets qui peuvent cristalliser les tensions si l'entreprise n'a pas tissé de liens en amont.
En dialoguant régulièrement avec ses parties prenantes, l'entreprise peut détecter les signaux faibles, anticiper les craintes et communiquer avant que les problèmes ne s'enveniment.
Une erreur à ne pas commettre est d’ignorer les parties prenantes qui ne vous sont a priori pas favorables. En cas de crise, vous les retrouverez en opposition frontale. Mieux vaut apprendre à se connaître en amont.
Parmi les relations à cultiver en priorité : les élus et les services techniques de la commune. Ces relations facilitent la reconduction des autorisations administratives et peuvent s'avérer décisives en cas d'incident ou de projet d'extension.
La FIB a ainsi mis au point un kit pour aider les acteurs de la préfabrication à se faire connaître auprès de leur maire. N’hésitez pas à vous en saisir !
L’ancrage territorial n'est pas une contrainte supplémentaire de la RSE : c'est un investissement dans la durée pour une entreprise qui entend s'inscrire dans son territoire sur le long terme.


