Mesurer, récupérer et réutiliser : le circuit efficace de CDB

CDB (Conditionnement Déchets Béton) est une PME implantée à Chazey-Bons, dans l'Ain. Elle est spécialisée dans deux activités principales : la fabrication et la fourniture de conteneurs durables en béton armé et de charges sèches pour le conditionnement de déchets radioactifs, ainsi que la production de poteaux supports de lignes électriques aériennes pour ENEDIS. CDB produit également des dalles en béton armé et exploite une carrière alluvionnaire. L'entreprise compte une trentaine de collaborateurs et déploie depuis plusieurs années des dispositifs variés pour améliorer la gestion de l'eau sur son site. Recyclage, récupération, comptage, relevés et gestion autonome des eaux usées : Sébastien Mirguet, Directeur d'Activité & Directeur Général Délégué chez CDB, nous présente ses bonnes pratiques.

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Mesurer pour mieux piloter : le télé-relevé

CDB a mis en place le comptage et le télé-relevage de l'ensemble de ses consommations d'énergie et d'eau. Pour ce faire, l'entreprise a fait appel à un bureau d'études qui l'a également accompagnée dans la réalisation d'un bilan carbone. Ces installations s'inscrivent dans un projet de long terme visant à réduire l'impact environnemental des activités du site. « Notre objectif est de maîtriser l'une des ressources naturelles les plus importantes de notre métier. Et pour bien la maîtriser, il faut la mesurer. », indique Sébastien Mirguet.

Désormais, l'entreprise suit au quotidien sa consommation d'eau pour chacune de ses activités. Ces données serviront de base à la définition de plans d'actions concrets pour optimiser la gestion de la ressource dès l'année prochaine.

Ces équipements sont également précieux pour détecter rapidement les fuites sur le réseau et les traiter, limitant ainsi le gaspillage au maximum.

Récupérer et réutiliser : aller vers un circuit fermé


Réutiliser les eaux de lavage
Dans la préfabrication béton, le poste le plus consommateur d'eau n'est pas la fabrication en elle-même, mais le lavage des centrales et des outils.

CDB a mis en place des systèmes de filtration des eaux de lavage. Celles-ci transitent d'abord par des big-bags filtrants, puis rejoignent des bassins de décantation où elles sont traitées par étapes jusqu'à l'obtention d'une eau claire dans le bassin final. L'objectif d'ici fin 2026 est de réutiliser cette eau « propre » dans le processus de lavage, et de ne plus la rejeter dans le milieu naturel.

Récupérer les eaux de pluie
Pour 2027, l'entreprise prévoit d'installer les équipements nécessaires à la récupération des eaux de pluie afin de les réinjecter, après traitement, dans les circuits de lavage, et à terme, dans le processus de fabrication. « Le but est de pouvoir mixer les eaux de pluie et les eaux de récupération pour les remettre dans le circuit sans les rejeter dans la nature. », explique Sébastien Mirguet.
CDB évalue actuellement les travaux d'infrastructure nécessaires pour implanter des cuves de récupération aux endroits stratégiques, ainsi que des points de contrôle de la qualité de l'eau. Grâce au télé-relevage, l'entreprise pourra mesurer précisément les économies générées par la réutilisation de ces eaux pluviales.

À terme, l'objectif est de fonctionner le plus possible en circuit fermé, en réduisant le recours aux nappes phréatiques grâce à ces dispositifs de récupération et de recyclage. La réduction des rejets est une priorité d'autant plus forte que le site est riverain d'une zone Natura 2000, soumise à des exigences environnementales élevées.


Un site adapté à son environnement pour limiter les risques

Le voisinage avec la zone Natura 2000 n'a pas nécessité d'aménagements particuliers : CDB était déjà équipé d'un système de déshuileur-débourbeur en aval de la décantation, garantissant le rejet dans le milieu naturel d'une eau claire. En cas de pollution survenant au cours du traitement, des vannes permettent d'interrompre le rejet à chaque étape, évitant tout incident environnemental.

Pour la gestion des eaux usées du site, CDB a dû s'équiper de micro-stations d'épuration afin d'assurer une gestion autonome : sa situation en sortie de village ne permettait pas un raccordement au réseau communal. L'eau traitée est ensuite rejetée dans le milieu naturel. « Nous sommes autonomes sur tout le périmètre de la gestion de l'eau », souligne Sébastien Mirguet.

Enfin, tous les espaces non industrialisés du site ont été végétalisés. Un petit ruisseau le traverse sur un côté : il a été canalisé pour prévenir les inondations, et des aménagements le protègent de tout risque de pollution en cas de déversement. De plus, le site a été végétalisé avec l'aménagement d'un verger et d'un potager.


La démarche de CDB en matière de gestion de l'eau est globale et cohérente. Sébastien Mirguet souhaite aujourd'hui aller plus loin en valorisant ces actions par la communication et la sensibilisation de ses équipes.