Sinistralité : comment la Carsat intervient en entreprise
Les Carsat disposent de statistiques continues des accidents du travail par entreprise et par secteur d'activité. Ces données leur permettent de cibler leurs interventions en connaissance de cause. Lorsque le taux de sinistralité d'une entreprise apparaît trop élevé, l’entreprise peut alors être « ciblée » : un préventeur peut prendre l'initiative de la rencontrer ou même de la visiter sans préavis. Elles n'ont pas de mission de contrôle réglementaire à proprement parler, mais si une Carsat constate sur place un manquement caractérisé — un risque de chute trop élevé, une exposition excessive aux poussières, par exemple — elle peut agir : conseils, recommandations, orientation vers un programme de prévention adapté, voire majoration de cotisation en cas de non-application persistante des préconisations.
Chaque entreprise peut, dès aujourd'hui, consulter sa Carsat pour connaître sa sinistralité et ainsi agir sur d’éventuels risques auxquels elle s’expose.
La convention nationale d’objectifs pour accompagner la prévention
Les conventions nationales d'objectifs (CNO) sont négociées au niveau national entre les organisations professionnelles et l’Assurance Maladie - Risques professionnels. Elles sont ensuite appliquées par les Carsat au niveau régional. Les CNO définissent les risques prioritaires sur lesquels les entreprises d'un secteur doivent agir. La FIB a signé la CNO du CTNF en février 2024, aux côtés de 26 autres organisations professionnelles, chacune ayant fixé ses priorités de prévention. Cette convention court sur quatre ans, avant un bilan partagé sur la tenue des engagements de chaque partie.
Concrètement, cet engagement collectif de la FIB ouvre à ses adhérents la possibilité de mobiliser la Carsat au niveau régional pour obtenir une aide, notamment financière, dans la mise en place de leurs démarches de prévention. Cette aide prend la forme d'un contrat de prévention, négocié directement entre la caisse régionale et l'entreprise (pour les entreprises de moins de 200 salariés). Il est négocié sur mesure et adapté à ses besoins de terrain, avec des objectifs clairs et un accompagnement dans la durée.
TMS Pros et Risques Chimiques Pros : deux programmes de prévention
Prévenir les risques en agissant sur l’organisation du travail
Un point mérite d'être souligné : la prévention ne se limite pas aux équipements de protection individuelle ou aux formations. Elle passe aussi par une révision des processus de travail, un aspect que les entreprises ont tendance à sous-estimer. Or le mot d’ordre devrait toujours être d’adapter le travail à l'homme et non l'inverse. Cela suppose d'associer l'ensemble des équipes, pas seulement la direction, d'accepter de « se regarder travailler » et de faire évoluer ses pratiques.
Dans le cadre d’un accompagnement comme TMS Pros, il n'est pas rare que la sinistralité déclarée augmente en tout début de programme, le temps que les salariés fassent le lien entre certains de leurs troubles de santé et leur activité professionnelle : ce n'est pas un échec de la démarche, mais un signe qu'elle produit ses effets.
Les recommandations de branche pour prévenir les risques professionnels
Prévention des risques : un levier de performance et d’attractivité
En résumé
La caisse régionale n'attend pas nécessairement que l'entreprise vienne à elle. Mais rien n'empêche un dirigeant de prendre les devants et de se rapprocher de son antenne régionale pour évoquer un projet de prévention, ou s'appuyer sur les recommandations de branche existantes pour améliorer ses pratiques. Dans le cadre de la CNO signée avec la FIB, cette démarche ouvre droit à un accompagnement sur mesure et, potentiellement, à une aide financière. C'est aussi l'occasion, pour la caisse régionale, d'ouvrir la porte à un accompagnement plus large — et pour l'entreprise, de transformer une contrainte réglementaire en levier de performance durable.


